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17 juin 2010

Prévention thermique


Le coup des théières qui se fissurent m'inquiète de plus en plus.

En parcourant divers blogs, j'ai pu me rendre compte que certains malheureux ont vu subitement une belle fissure -transversale- apparaître sous leurs yeux hagards... L'horreur !

En effet, aucune théière n'est à l'abri de ce drame, même la plus solide d'entre-elles peut subir ce fameux choc thermique lié à l'action de l'eau bouillante versée dans (ou sur) une théière aux parois froides. Et c'est surtout en hiver que les théières risquent le plus d'y laisser leur peau, surtout celles qui reposent dans une pièce froide ou qui comportent déjà des micro-fissures (ce qui est assez fréquent et parfaitement normal sur les anciennes Yixing).

J'ai expérimenté plusieurs méthodes pour pallier à la chose :

- chauffer la théière dans sa main ou souffler de l'air "chaud" : bof, c'est long et pas suffisamment efficace

- verser de l'eau tiède dans la théière, c'est mieux mais faut déjà savoir à partir de quelle température une eau peut-être considérée comme tiède : très relatif et peu fiable

- verser de l'eau bouillante dans le pichet de réserve utilisé pour le Gong Fu Cha, attendre qu'elle refroidisse un peu, puis la verser dans la théière : beaucoup trop long et fiabilité moyenne comme précédemment évoqué

En revanche, j'ai retenu deux astuces qui me paraissent pas mal :

- chauffer la théière à l'aide de la vapeur d'eau bouillante qui sort de la bouilloire : ça marche très bien mais il faut avoir une bouilloire à bonne température, c'est à dire qui reste sur le feu (ou branchée, si électrique)



- mettre de l'eau bouillante dans le pichet de réserve et y poser immédiatement la théière dessus, d'abord à l'endroit puis à l'envers (ou le contraire). Quand les perles d'eau dues à la condensation apparaissent, la théière est prête et ne risque plus rien. A ce moment-là, on peut encore verser l'eau du pichet dans la théière et y poser le couvercle pour qu'il puisse aussi se réchauffer un peu.



La dernière méthode me paraît la meilleure. Certes, elle est aussi un peu longue mais si cette opération permet de préserver ses précieuses théières, l'enjeu en vaut la peine. Et puis, n'est-ce-pas un joli préambule pour commencer une dégustation ?

14 janvier 2009

Une technique brillante !

Mes dernières acquisitions de Yixing ont considérablement remis en cause ma façon d'entretenir les théières. En effet, je n'ai jamais vu des théières aussi joliment patinées et d'un aspect aussi parfait que les théières provenant de la collection de Jean-Claude (cf. précédent post et sur Blackteapot). Pour l'entretien de mes théières, je me contentais de plus en plus d'un simple séchage final au chiffon microfibre en reléguant mes pinceau et brosse au placard. Grave erreur, car depuis, mes théières ne brillent plus comme il faudrait... Une jolie patine n'est-ce pas un signe de bonne santé de nos théières ?

J'ai demandé à Maître Jean-Claude son secret pour donner tant de brillance à ses théières; il a accepté volontiers de détailler sa technique qu'il m'a permis de vous livrer en exclusivité mondiale !!! :

A - AU MOMENT DU THÉ :

1. Arrosage extérieur de la théière avec de l'eau à environ 70°. Ceci constitue un préchauffage qui préserve les terres épuisées du choc thermique.

2. Mise en température et rinçage : je remplis la théière avec mon eau à 95°

3. Entre chaque passage, un généreux coup de pinceau imprégné de thé sur toute la théière, y-compris en dessous.



B - APRÈS LE THÉ :

1. Rinçage total de la théière avec de l'eau filtrée bouillante

2. Lustrage à chaud avec microfibre FINE (pas trop épaisse, celle que l'on trouve en droguerie en s'assurant qu'elle ne soit pas imprégnée d'un quelconque produit).

3. Séchage : à l'envers posée sur le petit socle qui nous sert à surélever la théière dans l'assiette, puis, 12h après, je la repose normalement sur le même petit socle. Pour moi, l'important, c'est que l'air circule autour de la terre pendant toute la durée du séchage. Bien que la terre, heureusement d'ailleurs, n'est JAMAIS complètement sèche.

4. Stockage : chacune posée normalement sur le même petit socle (l'air continue à circuler tout autour, sans oublier le fond. Et surtout SANS COUVERCLE afin de ne pas créer un milieu humide confiné.

5. De temps à autre, un petit coup de brosse + microfibre histoire de se faire plaisir...

Je pense que toutes ces précautions sont fort utiles mais que l'aspect d'une théière dépend avant tout de la qualité de la terre.


Merci Jean-Claude pour cette admirable méthode qui a fait ses preuves et qui est également très ludique. Depuis, je l'ai appliquée sur plusieurs de mes théières qui faisaient grise mine, croyez-moi, le résultat est saisissant. Après un seul Gong Fu Cha complet, elles brillent déjà nettement plus, j'en arrive à percevoir mon reflet (hélas pour mes yeux !!!)

28 mars 2007

Joy Division


Après Saddam, voici que nos théières sont elles aussi, confrontées à la corde fatale...

Outre l'aspect esthétique de la petite cordelette sur certaines théières, à quoi peut bien servir ce sympathique bout de ficelle qui relie le couvercle à l'anse ? Et est-il finalement nécessaire de le conserver ?

Pour commencer, on aime ou on n'aime pas. Au départ de mon aventure dans le thé chinois, je trouvais cette petite cordelette charmante. Sur les premières théières que j'avais achetées, je demandais systématiquement la pose de cet accessoire. Notez que les théières d'entrée de gamme de la M3T en sont toutes équipées d'office.

Mais par la suite, je commençais à me lasser de ce bout de fil qui s'avérait bien inutile et même carrément dangereux...

Il faut savoir qu'une cordelette peut être utile pour deux raisons : premièrement quand on verse le contenu de la théière dans la tasse ou dans le pot de réserve, elle permet de maintenir avec son doigt le couvercle fermé sans se brûler. Il faut reconnaître que c'est très pratique. Deuxièmement, lors du rinçage de la théière, le couvercle reste solidaire et ne risque pas de tomber puis de se casser dans l'évier en cas de faux mouvement.

Hélas, c'est surtout ce dernier point qui finit à terme par poser problème. Comme il est impossible de détacher le couvercle de sa base, les chocs de celui-ci avec la théière, pendant le nettoyage sous l'eau, sont très fréquents. Un accident est tellement vite arrivé. D'ailleurs il est à souligner que la plupart des théières équipées d'une cordelette que j'ai pu avoir en main, ont presque toutes un ou plusieurs petits éclats au niveau du couvercle.

Pour finir, je trouve qu'une cordelette défigure les lignes simples et pures de certaines très belles théières, comme les "terres épuisées" ou les taïwanaises de potier. Tant est si bien que j'ai décidé un beau jour de couper ce fil sur presque toutes mes théières excepté sur celle en photo. Il s'agit là de ma première théière à Gong Fu Cha achetée il y a bien longtemps à la M3T. Le modèle d'entrée de gamme; excellent de surcroît et particulièrement adéquat pour débuter. J'ai fait mes classes avec cette fidèle théière !

Sur ce modèle, la cordelette apporte un petit plus, esthétiquement parlant. La couleur brune du fil se démarquant si joliment du noir de la théière. Mais ça n'a pas loupé, suite aux nombreux rinçages du matériel, de très légers éclats ont fini par apparaître sous le couvercle, heureusement sans gravité. Je conserve cette cordelette plus par nostalgie qu'autre chose !

Alors osons tous couper le cordon ombilical de nos théières, ne serait-ce que pour s'émanciper et par conséquent pour progresser sur la voie du thé... Enfin d'un point de vue nettement moins allégorique, surtout pour protéger nos théières !!!

30 janvier 2007

Kärcher


Un nettoyage parfait de son matériel à thé est indispensable alors qu'il est souvent relégué au second plan. Une théière insuffisamment rincée risque à terme de favoriser l'apparition de moisissures très néfastes. L'action d'essuyer est également très important car les traces d'eau endommagent l'aspect patiné à la surface des Yixing si on néglige ce point.

Je vous livre ma petite méthode qui a fait ses preuves :

Après une dégustation, je commence par vider la bouilloire à alcool encore brûlante (important) dans la bouilloire électrique. En d'autres termes, quand j'éteins le brûleur je ne la laisse pas se refroidir avec son contenu d'eau.

Etant donné que les parois de la bouilloire sont encore très chaudes, toutes les traces d'humidité disparaissent bien plus rapidement sous l'effet de la chaleur qu'en essuyant avec un chiffon. En quelques minutes la bouilloire est sèche, sans utiliser un seul instant le chiffon ! Ne pas la refermer avec son couvercle mais la laisser sécher à l'air libre.

Quant à la théière, j'applique le même principe. Après avoir jeté les feuilles, je la rince plusieurs fois avec l'eau bouillante qui restait. Si elle ne suffit pas, j'en rajoute à bouillir (pas du robinet, mais filtrée ou de bouteille à cause des traces de calcaire). Pour cette opération, j'utilise ma bouilloire électrique qui se manipule bien. Ne pas oublier de rincer le couvercle. Attention à ne pas se brûler les mains car l'eau est très chaude. Insister en ôtant toutes les feuilles à l'intérieur de la théière. Ne pas oublier de nettoyer le bec.

Une fois propre, j'utilise sans attendre le chiffon en micro-fibre et j'astique la théière encore brûlante ainsi que son couvercle. Mais attention UNIQUEMENT l'extérieur et SURTOUT PAS l'intérieur. Même avantage que précédemment, la théière séchera très rapidement sous l'action des parois brûlantes.

Que ce soit la bouilloire ou la théière, il est tout de même préférable d'attendre quelques heures avant de reposer les couvercles, histoire d'aérer un peu les objets !

Quant au reste du matériel (tasses, pot de réserve, ...), je le rince tout simplement à l'eau chaude sous le robinet (sans produit vaisselle évidemment) et je l'essuie avec un chiffon propre différent de celui que j'utilise pour la vaisselle, cela va de soi bien-sûr !

Grâce à cette méthode, mes théières sont impeccablement patinées et n'ont aucune trace de moisi à l'intérieur ni de calcaire à leur surface.

14 octobre 2006

Patinage en péril


Une patine extérieure réussie sur une Yixing ancienne nécessite souvent des mois voire des années de patience et d'attention. Il incombe à chaque nouvel utilisateur de perpétuer cet héritage en prenant quelques précautions afin de ne pas abîmer cette précieuse couche ancienne témoin du temps qui passe.

Il est bon de se rappeler qu'une théière en terre cuite est perméable. Utilisée en Gong Fu Cha, celle-ci repose souvent dans une espèce d'assiette (appelée parfois bateau à thé). A mesure que la dégustation progresse, le bas de la théière trempe continuellement dans son jus lorsque l'eau ou le thé sont versés sur elle. Si on la laisse ainsi, le niveau du liquide finira à terme par marquer la théière. Une auréole indélébile gâchera la beauté harmonieuse des parois extérieures qu'il sera très difficile de rattraper par la suite.

La manière la plus facile de remédier à ce problème consiste simplement à vider l'assiette à chaque passage pour y reposer la théière sur une surface sèche. Mais ce geste répétitif peut s'avérer lassant à la longue et n'est pas dénué de risques (chocs divers).

A mon sens, il est préférable de se prémunir d'un petit socle d'une hauteur de deux centimètres environ sur lequel sera posée la théière. Placé au centre de l'assiette, ce petit ustensile évitera à la théière de tremper dans le thé. Malheureusement il n'est pas très aisé de se procurer ce petit accessoire. Cela-dit, il est tout à fait possible, pour les plus bricoleurs d'entre-vous, de s'en fabriquer un soi-même !

Il existe encore une autre manière de préparer un Gong Fu Cha : l'utilisation d'un bateau à thé traditionnel en bambou. Il s'agit d'une espèce de plateau à double fond (ou à tiroir) avec une surface en forme de grille et un fond étanche. Un avantage majeur à son usage : la théière reposant sur cette "grille" ne baignera jamais dans son jus étant donné que les liquides coulent immédiatement dans le fond. En plus quel plaisir d'arroser abondamment sa théière et ses ustensiles sans avoir peur de mouiller la moitié de la table ! Mais le revers de la médaille n'est pas à prendre à la légère : sur les modèles bas de gamme, le fond est rarement totalement étanche. Certes la théière sera protégée mais votre table ou moquette risquent de se retrouver rapidement inondées !! Les modèles de qualité sont souvent d'un prix exorbitant et assez difficiles à se procurer chez nous.

Le choix entre ces deux modes de préparation induit d'adhérer entre une esthétique (ou philosophie) plutôt qu'une autre. J'ai personnellement une petite préférence pour l'utilisation en assiette.