Affichage des articles dont le libellé est Pu Er : Vrac n°15 de 1992. Afficher tous les articles
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20 mai 2010

L'écrin du temps...



Laissons le temps au temps...

Pour certains Pu Er cet adage peut s'avérer hasardeux. Nous en avons suffisamment parlé et même encore très récemment. Néanmoins, il semblerait que les bienfaits d'une jarre ne relèvent pas de la légende. Je ne possède qu'une seule jarre digne de ce nom. J'y entrepose mon thé préféré, celui que j'emporterais sur une île déserte s'il le fallait : un vrac datant de 1992.

J'ai un attachement tout particulier pour ce Pu Er. Outre le fait qu'il soit très intéressant d'un point de vue gustatif, je l'aime surtout car c'est LE thé qui a déclenché ma passion pour cette famille très particulière.

Aussi, fallait-il que je remplisse mon unique jarre avec quelque chose d'unique. 600 grammes et quelques miettes reposent dans ce sympathique objet.

A la base, j'ai pris des risques en y sacrifiant tout mon stock de vrac 1992. Rongé par le doute sur l'efficacité réelle d'un tel ustensile, je me demandais si cette jarre n'allait pas le "tuer" ? Et étant donné la rareté de ce vrac, il eut été pénible de perdre ainsi les derniers vestiges d'une légende (à mes yeux, je le répète) !

Je n'ai plus touché à ce Pu Er depuis plus de 2 ans. Cette jarre est censée avoir été étudiée pour permettre un échange parfait entre l'air extérieur et intérieur. Une oxygénation savemment dosée pour un vieillissement optimal des feuilles. Calmement, jour après jour, ce vrac a ainsi gentiment évolué pour devenir quelque chose d'extraordinaire. Et le résultat est sans appel, nul besoin de développer davantage.

Je rêve de posséder une cinquantaine de jarres pour les remplir de tous mes Pu Er. Si le résultat est à chaque fois aussi exceptionnel, je n'ose même pas imaginer les chefs d'oeuvre qu'il serait possible d'obtenir...

Mais seule la balance du temps confirmera si une telle jarre s'avère être l'écrin parfait pour les Pu Er... En tout cas, pour ce vrac de 1992, pari gagné !

6 mars 2007

Sainte Sophie, priez pour nous


En ce temps de Carême, un vrai miracle a eu lieu ! En effet, Sophie de Lannion a réussi à ressusciter le Pu Er en vrac n°15 de 1992 disparu récemment, de façon tragique, des cartes de la M3T. Ce n'est pas moins de 500 grammes qu'elle a fait apparaître de ses petits doigts divins rien que pour moi... Ces précieuses reliques reposent désormais dans ma petite jarre en terre cuite.


Nul n'est sans savoir que cet excellent Pu Er est définitivement épuisé, victime de son succès, au plus grand désespoir de nombreux amateurs dont je faisais parti. Depuis, à ma connaissance, il n'y eut aucune alternative sérieuse à ce Pu Er ni à la M3T, ni ailleurs (en rapport qualité/prix).

En vérité, Sophie disposait de quelques kilos de ce précieux thé qu'elle avait acheté autrefois à la M3T pour sa petite boutique bretonne. Ses jarres à Pu Er étant visiblement encore bien garnies, elle me proposa aimablement de m'en revendre un peu, histoire de soulager ma tristesse de me retrouver désormais sans mon petit vrac 1992 auquel j'étais si attaché !!! Je ne sais pas pourquoi, j'ai toujours été très en phase avec ce thé. Il a sûrement bien des défauts, mais je le trouve admirablement bien équilibré avec des arômes boisés soutenus.

Chère Sophie, je te remercie de m'avoir vendu un peu de ce qui s'apparente désormais à un collector ;-))

Dernière minute : selon Jeancarmet de Pu Erh & Yixing, il serait toutefois toujours possible de s'en procurer, mais en quantités très limitées, à la Maison du Whisky de Paris. A bon entendeur donc...

12 décembre 2006

Verdict en vrac


Voilà comme promis, je mets en ligne l'intégralité (sans correction de ma part) des compte-rendus de dégustation du Pu Er en vrac n°15 de 1992 (M3T). J'espère ne pas en avoir oublié car je reçois des tonnes de mails quotidiennement sur la boîte du blog, preuve en est une fois encore du succès imprévu de LA GALETTE DE THÉ...

Merci infiniment aux quelques personnes qui se sont prêtées au jeu. La photo du jour leur est dédiée sur laquelle je lève mon bol de Pu Er (stocké de façon humide ou non....!!!) à leur santé ;-)

PS - aux autres lecteurs : il est toujours temps de m'envoyer vos commentaires sur ce Pu Er si le coeur vous en dit, je les ajouterai à la suite.


SOPHIE :
Oui, c’est par celui-ci, vrac 1992 B, que j’ai commencé en pu er ; plus exactement, j’avais le choix pour comparaison entre un vrac à petites feuilles référencé 1992 A et le vrac grandes feuilles, 1992 B. Le second est plus rond, plus mœlleux que le premier, ce qui est perceptible même au palais d’un débutant ; l’avantage de ce pu er est aussi de me laisser dormir le soir, il est assagi en théine semble-t-il ; ce qui en fait, entre autre, l’ami des fins de repas du soir. J’en connais même, des convives, qui ont dit que si c’était ça le thé, alors ils voulaient bien se réconcilier avec !

Au nez, le parfum des feuilles sèches entreposées dans une jarre en terre évoque la… betterave rouge ! Avec la nuance terre, le côté végétal et la saveur sucrée, nuances que l’on retrouve dans l’infusion pareillement. Pour le reste, je partage l’avis de jeancarmet, donné dans son post du 18 avril 2006 sur http://puerhyixing.blogspot.com/2006_04_01_puerhyixing_archive.html ; le commentaire de Philippe (la Galette de Thé ?!) sur la taille des feuilles est opportun : les feuilles sont « grandes » mais c’est tout relatif, et d’ailleurs elles ne sont pas si belles une fois réhydratées (elles paraissent littéralement « cuites »).

Les deuxième et troisième infusions ont donné le meilleur, parmi 5 passages d’une minute chacun. Pu er 1992 préparé en théière zisha plutôt qu’en zhong selon mon goût ; la porcelaine rend l’infusion trop « crayeuse » ; en comparaison, la terre souple de la théière vient arrondir l’infusion, les arômes et la saveur un peu sucrée ressortent bien. Betterave rouge, cette image gustative ne me quitte plus, depuis qu’un ami cuisinier l’a citée… terre humide de sous-bois, bois mouillé (on a tous un jour sucé un bâton de réglisse…).


BENJAMIN :
Dés l'ouverture du paquet, l'odeur très présente de cette merveille me saute au nez; j'ai l'impression d'avoir ouvert une porte qui donne directement sur une foret humide en automne. On voyage dés le départ!

J'ai pris soin de sentir les feuilles juste après leur nettoyage => je m'enfonce un peu plus de la forêt...

1ere infusion
La liqueur est foncée, mais reste bien transparente. A l'odeur, on se retrouve à nouveau entouré d'arbres, d'humus, mais sans que cela devienne génant. Au contraire, je sens un frisson dans mon dos; peut-être cela me rapelle-t'il de longues promenades dans la nature.
Après quelques secondes, on détecte une odeur légèrement sucrée. En même temps que les notes de têtes s'estompent, on peut remarquer des parfums plus discrets que je ne saurais interpréter.
Dés la première tasse, la bouche se prépare et prend de plein fouet des notes boisées, légèrement camphrées. Le frisson que j'ai ressenti revient, beaucoup plus fort. Je me sens bien, très bien. Je pense immédiatement à tout ceux de mon entourage qui ne comprennent pas ma passion. "Ils ratent vraiment des moments merveilleux!!"

2nde infusion
La liqueur est beaucoup plus foncée, mais est encore bien transparente. Je pense que sa couleur est aussi dûe au fait que c'est la fin de mon stock, ce qui fait que j'ai plus de brisures de feuilles.
Etonnamment, je ne détecte presque rien à l'odorat!! seulement l'odeur légèrement sucrée.
Le goût, quant à lui, est encore plus fort qu'à la 1ere infusion. Chaque gorgée apporte un plaisir immense. le palais et la langue sont complètement pris dans un tourbillon de parfums boisés, une merveille. Je remarque une sensation étrange au fond de la langue et de la gorge; comme la décrire? Serait-ce une petite acidité?? En tout cas, c'est divin; ça me fait saliver un peu.
Le goût est très très long en bouche. J'ai toujours les même sensations le temps que j'écrive ces lignes.

3eme infusion
Il n'y a pas de changement dans la couleur de la liqueur, et j'ai le même "vide" au niveau de l'odorat.
En revanche, cette infusion a un goût plus rond, plus délicat. Le thé s'adoucit. Si je devais faire gouter ce thé à un "non-initié", je pense que je choisirais plutôt cette infusion qui est moins "aggressive"
Le goût qui reste en bouche est fantastique. Je suis au paradis!!

4eme infusion
Mais dis-donc, ne serait-ce pas un goût camphré??? A chaque gorgée, je ressens une fraicheur exquise. Le goût boisé est toujours dominant, mais j'ai en même temps la sensation d'avoir gouté un peu d'eau fraiche d'un ruisseau.

5eme infusion
Le goût boisé est toujours présent. Le même régal, avec plus de mentholé.

6eme infusion.
N'ai-je pas laissé assez longtemps?? La liqueur est beaucoup plus claire.
Dans la bouche, une légère astringence apparait !! Les gorgées sont maintenant très "fraiches" c'est incroyable; je devrais peut-être l'essayer l'été prochain pour voir l'effet sur le corps lors des chaudes journées.

7eme infusion
Soyons fous!!! J'ai laissé infuser 1 minute. Le résultat: Je retrouve une liqueur plus foncée que précédemment. Le goût est encore très prononcé, mais plus "court" dans la bouche. Une légère astringence est toujours présente. La sensation de fraicheur est incroyable!

8eme infusion
Il devient de plus en plus difficile de tirer quelque chose des feuilles. J'ai laissé plus d'une minute. Le goût devient plus léger, mais toujours frais.

9eme infusion
3 minutes d'infusion!! je trouve à nouveau un liqueur plus foncée, mais dont le goût est plus léger. Néanmoins, je retrouve des sensations plus présentes.

10eme infusion
6 minutes d'infusion; la dernière
Le goût n'est plus trop présent, sympa, mais plus long en bouche. Je pense qu'il est temps d'arrêter.

Les feuilles
Dans mon cas, j'ai beaucoup de brisures de feuilles. Mais il reste néanmoins quelques belles feuilles. La couleur dominante est le noir, mais je vois quelques feuilles brunes, voire vertes. Je me demande s'il s'agit d'un Puerh fermenté ou vert. Serait-ce un intermédiaire? une légère fermentation puis conservation pendant 14 années??


BERTRAND :
J’ai constaté que les feuilles sèches sentent à la fois l’encens, la cire d’abeille et la terre. Les feuilles sont particulièrement de gros calibres et de couleur brun mat. J’ai utilisé environ 5gr dans ma théière en Duan Ni de 10cl avec une eau à 95°C.

Les parfums qui montent de la théière chaude après le rinçage sont terreux, doux et sucré. La liqueur est sombre et dégage une fumée épicée. Quand à la liqueur, elle présente des notes subtile de terre et le coté encens et cire d’abeille est présent également.

Un excellent Pu’erh incontournable aux notes antique et terreuse que je conseille vivement à tout amateur de pu’erh. Un Must.


NIKOSAN :
Voici une brève description du Pu Er n°15... c'est du rapide, sans prétention...!
La feuille sèche au nez nous plonge dans les profondeurs des sous-bois humides... . La liqueur est d'un beau rouge-orangé, tandis que les feuilles infusées prennent une teinte très sombre, rappelant ses arômes des profondeurs. Nous retrouvons en bouche des notes boisés, ainsi que des notes de terre humide. La longueur en bouche est étonnante et nous finissons même par sentir de délicates notes fruitées! En Gong Fu Cha, ce thé tient très bien les infusions, en gardant des arômes concentrés. Imaginez-vous sentir de la terre humide suite à un orage... c'est ce que nous sentons dans notre petite théière. C'est un Pu Er qui s'infuse également très bien en grosse théière de Yixing.
Retenons de ce thé des arômes à la fois puissants, délicats, longs en bouche et pour un prix abordable...


MATHIEU :
Les feuilles à sec sont racornies, comme dans la plupart des pu erh cuits. le grade est moyen.
Au nez, une odeur boisée, et la paille mouillée à l'automne.
Rincage 15s et 1 minute de repos
*Première infusion : 15 sec
Ce pu erh démarre assez lentement, on reste sur les notes boisées, mais la liqueur, d'un rouge-orangé pâle, est encore un peu "faiblarde" à ce stade.
*Deuxième infusion : 20 secondes
Un peu plus de corps, les parfums deviennent plus humides, plus terreux, quelques notes tourbées. Encore peu de matière en bouche et un finish brutal.
*Troisème infusion, Quatrième et Cinquième infusions : 30 secondes
Le thé se réveille vraiment, (je fais des infusions plus longues qu'à l'accoûtumée, normalement ma seconde infusion tourne plutôt autour des 10 secondes). Une matière beaucoup plus importante. L'odeur du terreau humide que l'on sort au printemps pour les jeunes plants. Des notes de cave, mais dans le sens de la découverte : quelque chose de vieilli, suranné.
La quatrième infusion est la plus équilibrée en ce qui me concerne.
La cinquième infusion évolue un peu sur un coté plus voilé, plus sombre, on reste dans le registre de la terre mouillée, des lichens.
*Sixième infusion : 50 secs
Malgré la longueur, le thé commence à se fatiguer. Les notes sont semblable à celles de la cinquième infusion, mais le thé "coule" plus vite, la matière s'amenuise.
*Septième infusion : 1 min
De plus en plus humide, les notes évoluent vers des choses plus "marines", les mousses deviennent algues.
*Huitième infusion : 1 minute 30
Beaucoup plus claire, en bouche, c'est de nouveau très faible, mais laisse en revanche place à son coté refraichissant en gorge.
A noter une petite sensation acidulée plaisante qui demeure en bouche après la dégustation.
Je pense que c'est un pu erh honnête, assez classique, mais pas extraordinaire (je pense que tu ne me contrediras pas), c'est un excellent choix pour débuter ou pour comparer, mais il manque clairement de matière en bouche, il ne tapisse pas bien le palais ni la gorge. Au niveau gustatif, il manque beaucoup de complexité. De plus, je le trouve assez peu endurant (mais c'est normal pour un cuit).

3 novembre 2006

Blind Test


Une petite vue crépusculaire à partir de mon balcon, en attendant d'autres articles qui vont suivre !

Cette photo a été prise le jour où Alexandre (un autre passionné de thés de Strasbourg) est venu passer un après-midi chez moi à déguster plusieurs Pu Er fort différents.

On a fait "péter" le Gong Fu Cha dans tous les sens !!! Chacun de nous deux évoquait son ressenti, au fur et à mesure des infusions, avec des références gustatives souvent très différentes et parfois totalement insoupçonnées de l'autre. Il se souviendra probablement d'une certaine galette n°10 de 1987 (M3T) surtout sous un ciel si enchanteur !

Cet après-midi dégustation m'a donné une idée qui me semble assez passionnante à mettre en place :

Je pense qu'il serait très instructif et ludique d'instaurer un système de dégustations parallèles entre plusieurs amateurs éclairés. Exemple, la même référence de thé préparée par chaque participant avec une technique et un matériel forcément différents. Un thé facile d'accès et populaire comme le très beau vrac n°15 de 1992 (M3T) pourrait très bien faire l'affaire dans un premier temps. Chacun serait amené à exposer ses impressions gustatives sur ce blog en les confrontant avec celles des autres.

Cela permettrait d'une part de comparer les techniques de chacun d'entre nous mais surtout d'appréhender un même thé par des sensibilités très différentes. Chacun ayant sa propre mémoire olfactive, la palette aromatique à laquelle il est fait référence lors de dégustations, n'est pas forcément la même chez tout le monde. C'est dans ce sens-là que cette petite expérience pourrait être particulièrement enrichissante.

Qu'en pensez-vous ?