30 juillet 2009

Japanese Jackpot




Des noms apparaissent de-ci de-là sur différents blogs :

Watanabe Tozo (potier)
Hon Yama Hebizuka (sencha)
Akira Hojo (fournisseur)

Une mode ? Peut-être pour certains, quoi qu'il en soit, ce trio représente bel et bien le tiercé gagnant, pas le petit mais celui qui rapporte gros : celui de la Fortune(-ato)... Pardon mon ami, c'était trop tentant ! (*)

C'est énorme. Moi j'adhère à 100% depuis plusieurs mois, à tel point qu'une galette trentenaire n° machin truc bidule passerait presque pour un vulgaire rince-doigt. Véridique ! Quant à la Kyusu de Watanabe Tozo, les Yixing ont bien du mal à la concurrencer...

Pour info, la tasse (Yunomi) + le bol à refroidir (Yuzamashi) sont de Yamane Seigan, un autre grand artiste potier japonais. On peut en trouver ici.

Alors certains diront que j'arrive après la bataille, faux, mais qu'importe. On peut très bien faire des choses sans forcément en parler systématiquement sur les blogs. Je pense même que c'est la voie à suivre pour apprécier pleinement et SIMPLEMENT le thé. Pour le moment, j'y arrive sans trop de problème. Je reviendrai peut-être sur tout ça... un jour !

Pour commander chez Akira Hojo, rien de plus simple :
http://hojotea.com/item_e/available.htm

(*) : il me semble tout même important de préciser que toutes ces belles découvertes nous les devons à Fortunato que vous connaissez probablement tous. Longtemps méprisé lors de ses interventions sur nos blogs intégristes (le mien en premier) pour défendre corps et âme le thé japonais, il me paraît aujourd'hui nécessaire de le remercier pour ses efforts qui semblent enfin payer et de lui rendre hommage en levant une p'tite tasse de Hon Yama Hebizuka à sa santé !

15 avril 2009

La soupe au shu !



Cette petite théière taïwanaise brune est l'oeuvre d'une dame potier se nommant Cai Man Zu. Une très jolie théière aux formes contemporaines qui se comporte merveilleusement bien avec les Pu Er cuits (appelés 'shu').

La terre est relativement poreuse, sa densité moyenne permet au thé de s'incruster facilement et de culotter assez rapidement l'intérieur de la théière. Cette terre particulière donne l'impression d'alléger considérablement l'infusion de ces Pu Er cuits. Ces derniers s'avèrent souvent assez lourds, puissants et surtout trop basiques donc peu intéressants. Je pense que les shu, même les meilleurs, sont plus difficiles à réussir que les autres car leur processus de fermentation est complexe et avant toute chose, peu naturel. Il est par conséquent préférable de se prémunir d'un outil technique pour les aborder. C'est un avis personnel. Par exemple, on n'infusera jamais un shu dans un zhong car il est trop neutre (là encore, c'est un avis très personnel...). Ce type de terre à culottage rapide permet de rééquilibrer ces thés difficiles en rajoutant une certaine "coloration" (grâce notamement à ce dépôt de thé) tout comme un appareil électronique peut améliorer une sonorité ou une image. Elle donne beaucoup de relief à l'ensemble, critère très appréciable !

Comme souvent, le visuel est très important dans une dégustation. Un plat ne semblera-t-il pas meilleur quand il est joliment présenté ? Pareil pour un verre à vin, etc... L'oeil précède l'action du palais et du nez. Cette théière ne déroge pas à la règle. L'aspect un peu granuleux de couleur brun-chocolat est en parfait accord avec les notes chocolatées de certains shu. Mais le brun évoque également la terre, ce parfum si caractéristique des Pu Er cuits.

Il est intéressant d'associer à cette théière des ustensiles de même couleur : pot de réserve brun ou noir, plateau en bois sombre, assiette assortie, etc... Effet visuel placebo ? Peut-être, en tout cas ça marche, les shu ne m'ont jamais semblé aussi bons (même les moins bons) depuis qu'ils sont préparés dans cette petite taïwanaise !

Remarque : il semblerait que les Rochers soient également très à l'aise avec ce type de terre; logique !

8 avril 2009

Lachrymae or Seaven Teares




En cette période de Semaine Sainte...


Flow, my tears, fall from your springs!
Exiled for ever, let me mourn;
Where night's black bird her sad infamy sings,
There let me live forlorn.

Down vain lights, shine you no more!
No nights are dark enough for those
That in despair their lost fortunes deplore.
Light doth but shame disclose.

Never may my woes be relieved,
Since pity is fled;
And tears and sighs and groans my weary days
Of all joys have deprived.

From the highest spire of contentment
My fortune is thrown;
And fear and grief and pain for my deserts
Are my hopes, since hope is gone.

Hark! you shadows that in darkness dwell,
Learn to contemn light
Happy, happy they that in hell
Feel not the world's despite.

John Dowland (1604)



VERSION POUR CONSORT DE VIOLES DE GAMBE


VERSION POUR VOIX DE CONTRE-TÉNOR ET LUTH

TRADUCTION :

Coulez, mes larmes, jaillissez de vos sources;
Banni à jamais : laissez-moi me plaindre
Où l'oiseau noir de la nuit chante sa honte ignominieuse,
Laissez-moi vivre en solitaire.

N'éclairez pas plus longtemps, lumières vaines,
Aucune nuit n'est assez sombre pour ceux
Qui pleurent, désespérés, leur dernier bonheur,
La lumière ne dévoile que la honte.

Peut-être que ma douleur ne sera jamais apaisée,
Car la pitié s'en est allée
Les larmes, les soupirs et les gémissements ont
Dépouillé mes pénibles jours de toute joie.

Du plus haut sommet de la joie,
Ma fortune est précipitée
La peur, le chagrin et la douleur sont ma quittance
Ils sont mon espoir depuis que l'espoir m'a quitté.

Ecoutez, ombres qui vivez dans la nuit,
Apprenez à dédaigner la lumière,
Heureux, heureux ceux qui, aux enfers
Ne sentent plus le dépit de ce monde.

1 avril 2009

A quoi ça sert ?


... à rien !
Si ce n'est à me faire plaisir.

Pas mal de changements, certaines théières sont parties vers d'autres horizons, de nouvelles ont rejoint le groupe qui reste néanmoins parfaitement stable : 20 théières !! Elles proviennent toutes désormais du même endroit.

J'aime tout particulièrement la composition actuelle de ma collection qui ne bougera plus à mon avis. Oui je sais, je dis toujours la même chose, personne ne me croira plus cette fois-ci, d'ailleurs je m'en fiche ! Elle est parfaitement équilibrée (forme, couleur, terre, contenance, etc...) et constituée de 10 taïwanaises de potier et de 10 Yixing en terre épuisée.

Je n'oublie pas de terminer la série "galerie de théières". Il faut que je la réorganise car certains modèles n'en font plus partie. Quand j'aurai le temps et l'envie...

Allez, un petit jeu : quelles sont les nouvelles théières et quelles sont celles que j'ai revendues ou échangées ?

(de haut en bas et de gauche à droite)

CAI MAN ZU (Taïwan) - pu er
WANG JIA QING (Taïwan) - pu er
YANG WEN JI (Taïwan) - pu er
YANG WEN JI (Taïwan) - wulong
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er

LIN GUO XIAN (Taïwan) - dan cong
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - wulong
YANG WEN JI (Taïwan) - pu er
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - rochers

WANG WEN YU (Taïwan) - rochers
CHEN LIAN SHENG (Taïwan) - dan cong
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - rochers
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er

??? (Taïwan) - pu er
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - wulong
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er
LIN GUO XIAN (Taïwan) - dan cong
YIXING TERRE ÉPUISÉE (Chine) - pu er

25 mars 2009

Wir sind die Roboter...




Wir laden unsere Batterie
Jetzt sind wir voller Energie
Wir sind die Roboter
Wir funktionieren automatik
Jetzt wollen wir tanzen mechanik
Wir sind die Roboter
Wir sind auf Alles programmiert
Und was du willst wird ausgefuehrt

We're charging our battery
And now we're full of energy
We are the robots
We're functioning automatik
And we are dancing mechanik
We are the robots
Ja tvoi sluga (=I'm your slave)
Ja tvoi Rabotnik robotnik (=I'm your worker)
We are programmed just to do
anything you want us to
we are the robots


Ne sommes-nous pas, nous aussi, en quelque sorte de vulgaires robots qui cherchons à tout prix à imiter les gestes du Gong Fu Cha en nous inspirant de modèles que certains finissent par idolâtrer ? Par cet automatisme, ne risquons-nous pas de nous transformer en de misérables marionnettes obsessionnelles qui synthétisent tel ou tel(-le) en les singeant aveuglément... ? A méditer.

Un petit hommage à KRAFTWERK, le plus grand groupe de musique électronique de tous les temps. Ce groupe m'a marqué musicalement à tout jamais. Un petit clin d'oeil également aux synthétiseurs analogiques mythiques tels que les fameux Moog, Arp 2600, Roland Jupiter 8, Oberheim, Korg MS-20, EMS VCS3, Prophet 5, etc... Ces synthés légendaires sont une autre de mes passions. A l'instar de Kraftwerk, de nombreux musiciens célèbres surent tirer profit de ces machines étonnantes; on peut citer entre-autres Klaus Schulze, Tangerine Dream ou encore Jean-Michel Jarre à ses débuts (époque Oxygène).

En ce moment, le thé et mon Nord Lead 2x sont de formidables et motivantes sources d'inspiration. Sur YouTube, j'ai trouvé une démo sympa de cet incroyable synthétiseur à modélisation analogique (les sons analogiques d'antan sont fidèlement reproduits numériquement et sont modifiables comme sur un synthé vintage d'époque !). Ce n'est pas moi qui joue mais qui sait, d'hypothétiques compositions seront peut-être un jour en écoute sur la Galette ou sur un futur(-istique) MySpace ? Bip-bip... syn-THÉ-tique !!

27 février 2009

Théières à vendre *** vendues ***

UPDATE : LES THÉIÈRES SONT VENDUES ET POURSUIVRONT LEUR PARCOURS AUX ETATS-UNIS !

MERCI À TOUS CEUX QUI M'ONT ENVOYÉ UN MAIL ET DÉSOLÉ DE NE PAS AVOIR RÉPONDU À CHACUN D'ENTRE-VOUS MAIS J'EN AI EU TELLEMENT !!! JE N'AI PAS SOUHAITÉ SÉPARER CES THÉIÈRES MAIS J'AI PRÉFÉRÉ LES REVENDRE ENSEMBLE, JE LES AI DONC CÉDÉES AU PREMIER QUI S'EST PROPOSÉ DE LES RACHETER TOUTES LES DEUX !

Je revends deux théières provenant de Tea Masters :

Celle-ci (elle est présentée dans la galerie #5 -la 2e théière-).
Une excellente terre moderne proche de certaines Taïwanaises de potier, une belle finition, un bon rendu. Elle fonctionne plutôt bien avec les Rochers ou les Pu Er "cuits" ou anciens.
et
celle-là (à gauche sur la photo).
Cette théière Xishi en Zhuni d'Yixing moderne est idéale pour débuter ou pour acquérir quelque chose d'un peu plus sérieux que les pseudos-Yixing que l'on trouve un peu partout et qui ne valent souvent pas grand chose. La forme classique en boule (12 cl) est parfaitement adaptée pour réussir tous vos Wulongs ou Pu Er. Longtemps considérée comme un "best-buy" chez Tea Masters !

Les lecteurs de ce blog connaissent bien ces théières car elle ont remporté un franc succès toutes les deux ! Elles sont en parfait état et ont bénéficié en plus d'un culottage attentif.

Prix préférentiel si vous achetez les deux ;-)
Je préférerais les vendre ensemble, c'est plus simple.

Les personnes intéressées peuvent me contacter à cette adresse :
galethe@gmail.com

11 février 2009

Retour à la terre



Ce retour récent à ces thés aux notes plutôt fraîches et fleuries, fruitées et miellées m'ont réellement enthousiasmé. Mon palais était préparé, semblerait-il, à accueillir à nouveau ces parfums mis en veille depuis des années. Or, suite à cette cure intensive de Wulongs, il est intéressant immédiatement après de se frotter à nouveau à certains Pu Er ayant des accents très terreux. Provoquer un choc à son palais, voilà un phénomène passionnant !

Eh oui, il s'agit d'une expérience très enrichissante car les notes sombres de terre, de tourbe ou de racine se situent bien aux antipodes de ces notes ensoleillées d'agrumes propres aux Dan Cong ou de Lilas caractérisant les Anxi Tie Guan Yin. J'imagine que le fait de réhabituer ainsi son palais de manière intensive à ces notes fraîches permet d'acquérir par la suite une approche améliorée de ces Pu Er mûrs ou cuits (de qualité). L'expérience est bien moins convaincante avec les Shengs, surtout s'ils sont très jeunes. Logique, on retrouve quelques similitudes aromatiques entre ces Pu Er crus et un grand nombre de Wulongs



En dégustation aujourd'hui : l'excellent vrac n°28 de 1998. Un petit Pu Er simple, sans prétention et pas cher du tout mais très agréable en bouche. Avant cette courte période consacrée aux Wulongs, le n°28 me semblait fort agréable mais sans grand relief. Or en le réessayant maintenant, les notes de terre humide et de racine le caractérisant sont beaucoup plus affirmées et le thé semble apparaître en 3D (vous savez comme avec ces fameuses lunettes qui permettent de voir certains films en relief). Le palais s'étant habitué à de nouvelles saveurs radicalement opposées, ce dernier arrive désormais à mettre bien mieux en valeur ces notes terreuses souvent superficielles et monotones. Le changement est important car la perception de la terre est différente, comme enrichie de notes de champignon, de tourbe, de végétaux, d'écorces, de bois et occasionne bien plus de richesse aromatique à ces Pu Er souvent assez simples dans leur perception.

Essayez par vous-même, durant quelques semaines ne buvez plus rien d'autre que des Wulongs puis revenez brutalement et d'un seul coup à un Pu Er de ce type, vous verrez, il vous semblera radicalement différent et surtout plus riche en goût. Il est intéressant de tenter encore une autre expérience : si vous avez le temps, buvez à la suite plusieurs Wulongs peu fermentés dans la même journée puis finissez votre soirée avec un Pu Er très sombre, je vous assure que l'effet sera encore plus saisissant.

Voici mes références préférées du moment qui sont encore disponibles et surtout "abordables" : vrac 1993/30, vrac 1983/16, vrac 1998/28 et Liu Bao Sha 1958. Tous ont cette dominante de terre et de racine.

Pourquoi une photo de jarre ? Parce que je pense que la matière dans laquelle est fabriqué cet objet est particulièrement en accord avec ces Pu Er qui sentent la terre. Selon moi, ces thés vieilliront bien mieux en jarre. La mienne est remplie de vrac 1992/15... Et je constate déjà une évolution merveilleuse, à peine en 6 mois !

28 janvier 2009

Wulong Party


Comme ce retour aux Wulongs est étrange à mes yeux. Durant toutes ces dernières années, ma seule attirance allait vers les Pu Er, plus aucun autre thé ne m'intéressait. Mais l'acquisition récente de quelques magnifiques théières a suffit à me faire basculer soudainement dans l'autre camp... Une certaine saturation de ne boire rien d'autre que des galettes et des briques ? Non, je ne le crois pas. D'ailleurs je ne renie nullement ma passion pour les Pu Er, au-contraire, celle-ci risque même de se renforcer au fil du temps car je vais forcément en boire moins souvent et du coup, le plaisir de les retrouver sera décuplé !

Pourquoi ai-je alors eu besoin de ce long passage presque mono-maniaque à ne boire rien d'autre que des Pu Er ? Je pense qu'il s'agit d'un phénomène parfaitement naturel et plutôt logique pour un amateur de thé qui se respecte. D'une part, la joie de découvrir à fond une famille de thé en essayant d'explorer au mieux toutes ses facettes (j'en suis très loin...) et d'autre part, le palais a peut-être besoin d'être "formé" à certains parfums, toujours les mêmes, durant une longue période avant d'être brutalement bousculé pour s'ouvrir à d'autres saveurs. Il nécessite peut-être ce genre de bouleversement radical pour qu'il puisse évoluer dans le bon sens. Et si c'était l'une des clefs de l'art de la dégustation ?


Mais plus prosaïquement, le fait de s'éloigner un certain temps de quelque chose que l'on a apprécié autrefois et d'y être à nouveau confronté est souvent agréable car empreint de nostalgie.

Autre phénomène inattendu : j'ai été obligé de réaffecter plusieurs de mes théières (cf. photo). Et là, je me rends compte que certaines d'entre-elles se sont bien fourvoyées à être utilisées avec les Pu Er alors qu'elles réussissent à sublimer certains Wulongs pour lesquelles elles étaient initialement consacrées. Ahhh ces sacrées théières, elles ne cesseront jamais de nous étonner !

Bref, je remercie toutes les personnes qui m'ont conseillé quelques références incontournables pour me replonger dans le monde fascinant des Wulongs. Un grand merci à Florence, Raphaël, Alexandre, Thomas, Jean-Claude et bien sûr Gilles pour ces belles références toutes achetées à la Maison des Trois Thés sauf le Baozhong qui vient de Tea Masters. Je n'ai pas encore tout goûté mais les sept testés sont renversants :


- Anxi Tie Guan Yin 6
(superbe : une explosion de fleurs et de menthe poivrée !!)

- Gao Shan Cha 2

- Dong Ding Wulong 2
(très miellé, y a même des abeilles qui sortent de la tasse !)

- Bai Sui Xiang 2
(très élégant, enfin un Rocher digne de ce nom et qui ne sent pas le cramé !)

- Da Hong Pao 5 (1996)

- Bai Yé Dan Cong 4
(notes de pêche et d'agrumes, le coup de foudre, probablement le début d'une passion sans limite pour les Dan Cong.... mais comment ai-je pu passer à côté de cette variété... )

- Shan Qié Yé
(là, ça déchire.... de la bombe, jamais vu ça ! encore un Dan Cong de rêve)

- Mi Lan Xiang 4 (1991)
(agréable si on aime les fruits confits, le pain d'épice et Noël !)

- Baozhong Luanze Oolong Wenshan Hiver 2008
(ultra frais, belle présence, jolies feuilles, très fleuri, excellent)

Et d'autres encore à venir dans les prochains jours : Zhu Ye, Zhi Lan Xiang 5, Rou Gui 2 Taïwan, Shu Xian 5, Mi Lan Xiang 5, Shui Xian de Taïwan. Je ne manquerais pas de vous en reparler en détails dans les prochains mois.

21 janvier 2009

Seuls les imbéciles...



... ne changent pas d'avis !

Je ne boirai plus de thé vert, disais-je...

Ce matin je reçois un paquet, je l'ouvre fébrilement et oh surprise, un carton rempli d'échantillons de thés.... Un fidèle lecteur de mon blog, Gérald (aka. Trajan), m'avait promis de m'envoyer un jour quelques échantillons de ses thés favoris (essentiellement verts) dans le but de me faire re-découvrir cette famille de thés. Cool, je m'attendais donc à une petite enveloppe contenant deux trois petits sachets maximum.... J'étais au courant que les gens du sud ont une tendance naturelle à l'exagération mais à ce point-là, je l'ignorais ;-)



En effet, pas moins de 14 échantillons dont un très gros paquet de Tai Ping Hou Kui.... La classe, ça tombe bien car c'était mon thé vert préféré avant de connaître les Pu Er. Pour info, la plupart de ces thés proviennent de Jingteashop.

Et c'est bien ce dernier que j'ai eu envie de goûter en premier. Mais quel thé impressionnant : des feuilles d'une dizaine de centimètres en moyenne, dans le genre totalement démesuré, on ne fait pas mieux. La dégustation s'annonce intéressante...

J'ai ressorti mon matos à boire les thés verts chinois, je l'ai lavé car durant toutes ces années, il avait sensiblement sympathisé avec la poussière qui a fini par squatter les moindres interstices de mes ustensiles !

Je me suis senti comme un débutant face à ces quelques feuilles mais quelle agréable sensation de (re)découvrir quelque chose que l'on pratiquait autrefois assidûment. Et en même temps, quel exercice de style aussi car j'ai dû entièrement me réapproprier les gestes de base qui rentrent dans la préparation des thés verts tels que la tenue du Zhong, le refroidissement de l'eau, etc... Mais mazette, quelle claque... ! Ce thé est superbe et les différentes étapes pour sa préparation sont finalement très intéressantes malgré la laideur inhérente au Zhong. Au passage, on retrouve vite les mêmes réflexes, c'est comme le vélo, on n'oublie jamais !

Je n'étais plus habitué à ces notes si particulières qui caractérisent tant les thés verts chinois et en particulier le Tai Ping Hou Kui. Ce thé est vraiment très beau et précisément celui-ci qui, je le rappelle, vient de Jingteashop. Il semblerait que la qualité des produits de ce vendeur en ligne soit sensiblement meilleure qu'il y a quelques années, tant mieux pour nous tous. J'encourage donc les éventuels intéressés d'aller jeter un oeil sur leur site et d'y faire d'éventuelles bonne découvertes...


Tant qu'à faire, je vous délivre ma façon de préparer les thés verts. Une méthode simple mais efficace et largement éprouvée.

- un zhong en porcelaine
- un pot d'eau froide
- une cruche de réserve
- une tasse fine en porcelaine

Dosage : 2 grammes de thé vert pour 10 cl
Température de l'eau : env. 70°
Temps d'infusion : 2-3 minutes
Nombre de passages : variable en fonction de la qualité du thé; 4-5 en moyenne

Faire bouillir l'eau. Verser un quart d'eau froide sur les feuilles dans le Zhong. Rajouter l'eau bouillante sur le mélange. Cette action permet de faire baisser rapidement la température de l'eau pour éviter que celle-ci ne brûle les feuilles fragiles. Laver rapidement (quelques secondes) les feuilles dans le Zhong puis vider le contenu en les retenant à l'intérieur à l'aide du couvercle. Débuter la dégustation à proprement dite en procédant de la même façon mais en laissant infuser à chaque fois 2-3 minutes. Vider le thé infusé dans le pot de réserve puis verser dans une tasse. Refaire les mêmes gestes autant de fois que le thé le permettra !

Il peut être intéressant pour les plus dégourdis de boire directement du Zhong en retenant les feuilles avec le couvercle mais bon, une certaine dextérité semble nécessaire !


On peut se passer du pot d'eau froide en chauffant et en maintenant l'eau à 70° grâce à la nouvelle génération de bouilloires électriques réglables qui sont très efficaces mais très inesthétiques ! Par-contre, la technique préconisée par certains qui consiste à verser l'eau bouillante directement sur les rebords du Zhong pensant la refroidir ainsi, n'a absolument aucun sens et présente surtout un risque de brûler ces thés fragiles. Je ne suis pas physicien mais dénoncer la stupidité de cette méthode me parait être du bon sens. Je ne souhaite évidemment vexer personne en disant cela...

Merci Gérald pour ce joli cadeau, t'es un mec vraiment bien ;-)
Ils sont tout de même sympas mes lecteurs, non vous ne trouvez pas ?

14 janvier 2009

Une technique brillante !

Mes dernières acquisitions de Yixing ont considérablement remis en cause ma façon d'entretenir les théières. En effet, je n'ai jamais vu des théières aussi joliment patinées et d'un aspect aussi parfait que les théières provenant de la collection de Jean-Claude (cf. précédent post et sur Blackteapot). Pour l'entretien de mes théières, je me contentais de plus en plus d'un simple séchage final au chiffon microfibre en reléguant mes pinceau et brosse au placard. Grave erreur, car depuis, mes théières ne brillent plus comme il faudrait... Une jolie patine n'est-ce pas un signe de bonne santé de nos théières ?

J'ai demandé à Maître Jean-Claude son secret pour donner tant de brillance à ses théières; il a accepté volontiers de détailler sa technique qu'il m'a permis de vous livrer en exclusivité mondiale !!! :

A - AU MOMENT DU THÉ :

1. Arrosage extérieur de la théière avec de l'eau à environ 70°. Ceci constitue un préchauffage qui préserve les terres épuisées du choc thermique.

2. Mise en température et rinçage : je remplis la théière avec mon eau à 95°

3. Entre chaque passage, un généreux coup de pinceau imprégné de thé sur toute la théière, y-compris en dessous.



B - APRÈS LE THÉ :

1. Rinçage total de la théière avec de l'eau filtrée bouillante

2. Lustrage à chaud avec microfibre FINE (pas trop épaisse, celle que l'on trouve en droguerie en s'assurant qu'elle ne soit pas imprégnée d'un quelconque produit).

3. Séchage : à l'envers posée sur le petit socle qui nous sert à surélever la théière dans l'assiette, puis, 12h après, je la repose normalement sur le même petit socle. Pour moi, l'important, c'est que l'air circule autour de la terre pendant toute la durée du séchage. Bien que la terre, heureusement d'ailleurs, n'est JAMAIS complètement sèche.

4. Stockage : chacune posée normalement sur le même petit socle (l'air continue à circuler tout autour, sans oublier le fond. Et surtout SANS COUVERCLE afin de ne pas créer un milieu humide confiné.

5. De temps à autre, un petit coup de brosse + microfibre histoire de se faire plaisir...

Je pense que toutes ces précautions sont fort utiles mais que l'aspect d'une théière dépend avant tout de la qualité de la terre.


Merci Jean-Claude pour cette admirable méthode qui a fait ses preuves et qui est également très ludique. Depuis, je l'ai appliquée sur plusieurs de mes théières qui faisaient grise mine, croyez-moi, le résultat est saisissant. Après un seul Gong Fu Cha complet, elles brillent déjà nettement plus, j'en arrive à percevoir mon reflet (hélas pour mes yeux !!!)