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9 octobre 2008

Culottage 3 x 4 x 3


Quelle est la signification de cette formule arithmétique ? Serait-ce d'obscures chiffres cabalistiques ou alchimiques permettant de transformer un Lipton Yellow en galette n°11 de 1985 (si seulement...) ? Non, la raison en est bien plus simple.

En pleine préparation de mes deux nouvelles théières taïwanaises de potier, dont je vous reparlerai en détails dans la galerie très prochainement, j'ai décidé d'appliquer pour la première fois une méthode censée être la meilleure possible en matière de culottage. En effet, il y a tant d'avis différents sur le sujet. Les uns plus contradictoires que les autres... Cette méthode que l'on vient de m'expliquer (merci R. !) me paraît la plus efficace et surtout la plus logique, ce qui ne serait pas pour déplaire à un certain Monsieur Spock...

Voici son principe :

Prendre environ 3 grammes de thé comme pour une infusion normale. Choisir le thé en fonction de la future utilisation de la théière. Remplir la théière d'eau bouillante et laisser reposer 4 heures. Vous pouvez au bout de quelques minutes rajouter un peu d'eau dans la théière car les feuilles auront absorbé une partie du contenu aqueux. Prendre soin de ne pas laisser tremper la théière dans l'eau afin que celle-ci ne marque pas les parois extérieures (en d'autre termes, disposer la théière sur une assiette vide et sèche). Au bout des 4 heures, vider la théière en gardant les mêmes feuilles à l'intérieur et répéter l'opération : remettre de l'eau bouillante puis laisser reposer à nouveau pendant 4 heures. Puis répéter la même opération une troisième fois.

4 heures après, vider la théière et jeter les feuilles qui ont tout de même servi à 12 heures d'infusion ! Remettre à nouveau environ 3 grammes de thé. Et recommencer exactement la même opération : 3x4 heures.

La deuxième phase étant achevée, jeter à nouveau les feuilles et vous voilà prêts à entamer la dernière phase basée sur le même principe : nouvelles feuilles et 3x4 heures d'infusion.


Ce procédé éprouvé par plusieurs spécialistes est très facile à mettre en application et ne présente aucun danger (ce qui n'est pas le cas de certaines méthodes qui préconisent par-exemple de faire bouillir sa théière neuve dans une casserole avec du thé). Mais cette technique a surtout permis d'attirer mon attention sur un point précis que j'avais négligé jusqu'à présent, je l'avoue : la théière doit transpirer. C'est parfaitement logique. Pour que le culotage soit efficace, le thé doit passer à travers les parois dans le sens intérieur --> extérieur. En laissant reposer entièrement la théière dans un bain de thé toute une nuit (je procédais de cette façon-là jusqu'à présent), la terre ne respire plus. Le thé ne peut pas s'infiltrer dans les parois, les huiles essentielles sont neutralisées donc c'est sans intérêt. Irréfutable !

Alors 3 et 4, chiffres magiques pour un culottage réussi ? Certes, mais rien ne remplacera jamais les nombreuses infusions qui seront réalisées par la suite dans la nouvelle théière car celle-ci s'approprie petit à petit l'âme du thé, sans que quiconque ne la force. La "magie" réside plutôt à ce niveau-là !!

26 octobre 2006

Quel culot !


J'évoquais, dans un précédent article, le rôle d'un bon culottage à la réussite d'une infusion. La terre cuite étant poreuse, celle-ci finit à la longue par s'imprégner de tanins, formant une espèce de "mémoire" liée à toutes les précédentes infusions. Au fil du temps, le culottage à l'intérieur des théières s'améliore de plus en plus. Les infusions bénéficient de cette subtile présence de thé émanant des parois. Il suffit de tester un thé identique dans une théière neuve et une théière très culottée pour s'en rendre compte !

Voici ma petite méthode personnelle pour culotter une théière neuve. Il en existe sûrement d'autres, mais à l'usage, celle-ci me paraît la moins risquée de toutes.

ATTENTION : Pour commencer, il faut bien choisir le type de thé en fonction de l'usage futur de sa théière. La règle impose d'utiliser une théière Yixing par type de thé; j'en ai déjà un peu parlé. Une théière consacrée depuis longtemps aux Pu Er ne pourra que très difficilement se reconvertir dans les Wulongs. Par-contre, le contraire n'est pas impossible : passer d'une théière à Wulongs aux Pu Er est tout à fait envisageable. Il faut alors tenter une opération de reculottage.

J'utilise un grand récipient : un bol ou un saladier fera l'affaire (absolument propre et sans aucune odeur). Il faut en outre qu'il puisse résister à l'eau bouillante. Je place la théière dans le fond en ôtant le couvercle que je pose aussi dans le récipient. Je jette une grosse poignée de thé à l'intérieur de la théière et encore une ou deux bonnes poignées dans le saladier. Je fais bouillir l'eau et je commence par la verser dans la théière puis tout autour jusqu'aux rebords du récipient. La théière doit rester au fond. Il faut qu'elle soit impérativement et totalement immergée, sans cela, le niveau du liquide risque de la marquer. Par conséquent, il vaut mieux que le récipient soit le plus haut possible car les feuilles, en se gonflant d'eau, font baisser le niveau général et menacent donc de mettre une partie de la théière à nu. Je laisse tout ce petit monde reposer une douzaine d'heures. Eventuellement je répète l'opération une seconde fois.

Evidemment cette astuce ne constitue qu'une amorce de culottage. En effet, seules de longues et nombreuses infusions finiront par réveiller la théière en lui conférant une âme à travers ce fameux culottage.

Mais on peut très bien se passer de tout ça en se servant de la théière neuve telle quelle. Il suffit alors de la rincer un peu avant le premier usage puis de préparer un ou deux Gong Fu Cha avec un thé basique avant de s'attaquer par la suite aux grands !!